Chasse aux phoques




Vendredi 25 juillet 2008

Les phoques... désinformation

En réponse à l'article de Jean Pagé de RDS " Les phoques... désinformation" 25 juillet 2008


Jeudi 17 avril 2008

Les écoterroristes: des impatients marginaux et anti-humanistes

En réponse à l'article du Devoir  "Les écoterroristes: des impatients marginaux et anti-humanistes" 13 avril 2008

Les réactions

L'opinion de David Ruffieux:

Les gentils méchants.

Mes amis du Devoir n'hésitent pas à en remettre une couche sur le dos des défenseurs des ami(e)s des animaux. Terroristes, impatients, anti-humains, végétariens enragés, fascistes animalistes. Merci, merci, merci d'autant de grâce. Notons ici que le terme « animaliste » se veut péjoratif, à l'inverse du mot humaniste qui résonne bien et dont ces gens, qui nous conspuent, se gargarisent jusqu'à l'étouffement. Ah non, l'on ne tarit pas d'éloges à l'égard de Watson et des plus radicaux du mouvement de libération des animaux. Libération des animaux, je répète l'expression car il semble que les journalistes de la pensée dominante se trouvent dans l'impossibilité de rappeler les motifs pour lesquels des individus deviennent des militants au nom des animaux.

Certains de nous écrivent à nos vains politiciens qui viennent justement de réaffirmer leur nullité en votant la loi S-203, offrant ainsi aucune autre protection aux animaux de ce beau pays. À noter que le NDP et quelques libéraux auront voté contre, mais passons. D'autres, osant braver la bestiale et imbécile cruauté de l'être humain, envoient leurs lettres et leurs opinions judicieusement filtrées par nos médias. Mes amis du Devoir voudraient le changement, mais pas l'agitation qui va avec. Du bruit des manifestations, des paroles fortes, de la rébellion et de la résistance, ils n'en veulent point. Préfèrent-ils la détresse assourdissante de ces chats et de ces chiens torturés en Asie pour de la soupe et de la fourrure, ou le gémissement d'agonie des truies et des verrats découpés et brûlés vifs dans nos abattoirs. Préfèrent-ils le son strident des baleines et des phoques qu'on harponne et qu'on matraque inlassablement. C'est toute la Nature qui crie contre l'homme. De ces bruits là, surtout, ils n'en veulent rien entendre. Ils n'en veulent rien parler, encore moins écrire.

De ces médiocres esprits qui s'attardent sur les mots pour mieux nier les tragédies de ces milliards de créatures sensibles, il n'y en a que trop. S'il est difficile de vaincre la cruauté envers les animaux, c'est précisément parce qu'il n'y a pas assez de gens comme Watson qui depuis 30 ans assiste, impuissant, à tous les massacres possibles contre le genre animal. Impatients, vous dites ! Cette humanité malsaine qui justifie les pires abominations serait bien implorante, si on lui fait faisait subir ces traitements. Et ces pleutres d'expliquer au peuple que la pitié n'est que pour les humains. Je les ai entendus parler, ces tueurs de phoques, l'autre jour à la télévision, ils émettaient des sons qui rappelaient le langage humain. Comme ils le disent avec si peu de mots, ces sauvages aiment l'abattage de milliers de phoques, c'est un style de vie qui fait leur identité.

Comment puis-je vous faire évoluer vous et vos progénitures carnivores ? Je me le demande tous les jours, en étant gentil ? Qu'un mouvement de libération animale, soit marginal, ce n'est pas un argument pour démontrer son inutilité. Tous les mouvements de l'Histoire, pour la justice et pour le progrès social sont marginaux. Comment pourrait-il en être autrement ? En fait, beaucoup aspirent à ne faire partie ni du club de Steven Guilbeault, sans doute très agréable autour d'une tasse de thé, ni de celui de Louis Gilles Francoeur dont le métier maintenant est de caricaturer le mouvement de libération des animaux et d'ignorer ses bases morales profondes et cohérentes.

Aucun défenseur des animaux ne prônerait la violence envers les humains et le vandalisme ne semble pas une solution pour arriver à attirer la sympathie du public. Que reste-t-il donc face à la vraie terreur ? Je parle de celle des gouvernements et des industries qui stigmatisent les activistes et intimident tous ceux et toutes celles qui sont une menace à leurs manipulations et à leur sauvagerie contre l'homme, l'environnement et les autres créatures de cette planète. Demandez à Gabriel Villeneuve, en proie à une répression judicaire pour avoir organisé des manifestations contre des partenaires de Huntington Life Sciences (HLS), un labo qui fait des tests sur les animaux. Demandez aux activistes de Stop Huntington Animal Cruelty (SHAC) qui purgent de lourde peines de prison aux Etats-Unis pour avoir créer un site Internet contre HLS ! Il est urgent que les différents mouvements pour la justice et tous les groupes pour le progrès social s'unissent et comprennent qu'ils ont des intérêts communs à défendre.


L'opinion de Diane Bernier:

Le vocabulaire sur la chasse est manipulateur!

Pour Marcel Duquette, ancien chasseur lui-même, dans son livre " Feu sur la chasse" démontre comment le vocabulaire sur la chasse est manipulateur : "Ainsi donc, le chasseur ne tue plus, il "prélève". Dans la même veine, le trappeur ne piège pas les bêtes à fourrure, il "fait de l'aménagement". On ne prend plus les lièvres au collet, on les "récolte" pendant que les pêcheurs, de leurs côtés, taquinent gentiment le poisson. Ce ne sont que quelque-uns des euphémismes qui jalonnent le discours des militants de la chasse. Un discours farci de faux-fuyants, de détours, de contradictions, même dans les termes: trappage humanitaire, chasse écologique... Il a atteint une grande partie de son objectif . Il est devenu commun chez les chasseurs et ceux qui, de près ou de loin, tirent profit de la chasse, en plus d'être repris par le public qui adopte inconsciemment ce vocabulaire dans les conversations courantes, ignorant son caractère endoctrinant."

Pour Alain Perret du groupe français "Exclus Sauvages", les chasseurs sont loin d'être des écolos, plutôt des tueurs en série: "Nous sommes tous des animaux. Les chasseurs sont des bêtes sanguinaires que l'on devrait capturer, enfermer, voir soigner pour les empêcher de nuire (...) La chasse est révélateur de l'extraordinaire injustice des hommes. C'est flagrant et écoeurant. On peut faire confiance au chasseur pour imaginer les pires inventions technologiques, les pires malhonnêtetés, la plus grande mauvaise foi, pour satisfaire ses pulsions de serial-killer. Son plaisir est de tromper, traquer, piéger, épuiser, humilier, torturer, pour flatter sa vanité de matamort maniaque! . L'être humain n'est pas le roi de la création. Ce n'est qu'un animal qui a souvent mal tourné et qui se prend pour le roi face à ses sujets. La vanité l'aveugle au point de décider du sort des autres animaux . Nous ne sommes pas les propriétaires de la terre. Ce n'est pas notre domaine. C'est celui dans lequel nous évoluons (avec maladresse ) en même temps que les autres êtres vivants qui tentent d'y survivre. C'est une imposture que de vouloir mettre l'être humain au dessus des autres animaux. C'est le coeur du problème".

"Quand on parle de la psychologie de la chasse,
la notion de machisme surgit très rapidement."
(Randall Lockwood, psychologue)

La chasse n'est pas un sport. Un sport implique une compétition entre deux participants ou deux équipes bénificiant des mêmes avantages, soumis aux mêmes règles, aux mêmes risques et consentants. Son but ultime est de favoriser l'épanouissement de chacun, gagnants ou perdants, il ne saurait en aucun cas comporter la notion de victime. Les dés sont pipés d'avance, la victoire et le plaisir toujours du même côté. La seule règle est de tuer, à une distance sécuritaire, un être sans défense forcé de subir le harcèlement et dont la seule chance possible est d'échapper à ses assaillants... jusqu'au prochain match. À la chasse, l'animal n'est jamais sur son terrain, il est en territoire occupé." (Marcel Duquette, auteur de "Feu sur la Chasse")

Encore une foi, l'argent, et la volonté d'enrichir le droit à l'autodétermination des revendicateurs du droit de polluer et de tuer, auront de leur coté, les medias, les industries, et les chiens de garde (le gouv.) en margent de ce faire plaisir lorsqu'ils siègent tous ensembles à la même table : La table du pouvoir en place.

Chasse, un acte de bienfaisance envers les animaux?
http://ahimsa.monblogue.branchez-vous.com/



L'opinion de Marjolaine Jolicoeur:

Libération animale et humaine

Etonnant comment les propos du courageux capitaine Watson font l'affaire pour mettre dans le même sac tous les défenseurs des animaux: hypocrites,fanatiques,haineux de la race humaine. Au bûcher les hérétiques de la cause animale, ces Ayatollah du tofu qui s'opposent à l'Inquisition des medias. Pourtant la non-violence envers les animaux n'est pas un concept arrivé par soucoupe volante d'une lointaine planète. Quelle ignorance et quel mépris!

Evidemment il est plus rassurant de ne pas se poser trop de questions, de ne pas remettre en cause notre relation éthique avec le monde animal. De continuer à exploiter ceux qui nous ressemblent tant - mais à qui nous refusons une âme - dans les abattoirs, les laboratoires ou sur les banquises ensanglantées. Cette perception judéo-chrétienne, patriarcale de domination où l'humain en haut d'une pyramide exploite tous les autres vivants, des esclaves à son service, ne peut pourtant plus continuer d'exister. Il serait peut-être plus qu'urgent de ressentir que nous sommes reliés et interdépendants, dans un cercle de compassion. Et d'avoir un peu plus d'empathie pour la souffrance de l'autre. Car les animaux sont présentement les innocentes victimes de cette vision du monde qui soutient que «certaines vies ont plus de valeur que d'autres, que les tout-puissants ont le droit d'exploiter les impuissants et que les faibles doivent être sacrifiés pour les plus forts» (Steven Simmons)

Au cours des âges, à toutes les époques et civilisations de grands esprits ont dénoncé la violence faite aux animaux, tout comme celle faite aux humains : Pythagore, Plotin, Plutarque, les esséniens,Henry David Thoreau etles transcendentalistes, les gnostiques, les cathares, Gandhi, Albert Schweitzer, Albert Einstein, George Bernard Shaw, Marguerite Yourcenar, Leonard de Vinci, Bouddha,ect, ect. «Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille«,a dit Leon Tolstoi. Plus d'une soixantaine de personnalités dans le monde, éthiciens, professeurs de philosophie et écrivains ont co-signé avec le révérend Lindsay de l'Université d'Oxford un document concluant que la chasse aux phoques est cruelle et immorale: http://www.infurmation.com/pdf/FINAL-Respect2006-a_Revised.pdf

Malgré toutes les résistances, les insultes et cette appellation péjorative «d'animaliste» inventée par un chasseur pas de coeur, la chasse aux phoques est appelée à disparaitre comme un vestige d'un temps archaique où l'humain ne se voit qu'en prédateur. Les abolitionnistes sont bien là pour rester et ils prendront de plus en plus la parole,n'en déplaise aux attardés qui ne veulent ni se changer ou changer le monde. Car il y a une vérité toute simple que beaucoup sont incapables de comprendre dans leur conscience: en libérant les animaux on se libère soi-même.


L'opinion de: Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Département de philosophie de l'Université de Montréal


De l'anti-animalisme primaire

Il est de bon ton de caricaturer la pensée animaliste et de la réduire à un sentimentalisme incohérent.

D'abord, l'éthique animale (pensée animaliste) ne s'intéresse qu'aux êtres vivants sensibles car elle fait de la souffrance son point de départ. Les plantes et les choses inanimées (les arbres, l'eau, etc.) ne sont considérées qu'en fonction de leur lien (l'environnement, l'habitat) avec l'animal, dont elles conditionnent le bien-être, tandis qu'en éthique environnementale (pensée écologiste), cet environnement fait lui-même l'objet d'une considération morale directe.

Ensuite, l'éthique animale considère généralement la mort et la souffrance comme des maux, qu'elle cherche à éviter ou au moins à minimiser. Ce n'est pas le cas de l'approche environnementale, pour laquelle la mort et la souffrance font partie intégrante de la vie et de la nature.

Enfin, la perspective de l'éthique animale est généralement individuelle (puisque ce sont des individus qui souffrent) tandis que celle de l'éthique environnementale est généralement holistique et s'attache à la protection des espèces et des écosystèmes.

Des arguments qui ne tiennent pas

Premièrement, dire que la chasse aux phoques est légitime du seul fait que l'espèce n'est pas en danger repose sur des prémisses discutables. Cela revient en effet à considérer les animaux non humains comme des ressources dont on peut disposer à notre guise, à condition toutefois de ne pas les épuiser, comme on le fait des végétaux et des minéraux. On parle d'ailleurs de récolte plutôt que de chasse, comme pour mieux oublier ce qui distingue un être vivant sensible d'un champ de blé. Cela revient donc à penser l'homme «maître et possesseur de la nature» dans la perspective anthropocentrique, occidentale et chrétienne qui sert à justifier l'exploitation animale depuis 2000 ans.

Deuxièmement, le fait que la chasse soit une activité «traditionnelle» n'a strictement aucune valeur argumentative. C'est un sophisme bien connu, un appel à la tradition (argumentum ad antiquitam), abondamment utilisé dans d'autres pays pour justifier le foie gras et la corrida, par exemple, et qui ne résiste pas au tribunal de la raison: au nom du respect de la tradition, nous en serions toujours aux combats de gladiateurs, à l'esclavage, à la torture, à la peine de mort, et nous ne questionnerions pas la légitimité de l'excision. Mieux vaut donc parler d'une «chasse de subsistance», qu'il faut distinguer de la «chasse commerciale».

On dit qu'il est raciste de permettre cette chasse de subsistance pour les Inuits mais pas pour les Blancs. C'est détourner le sens du mot «subsistance». D'un point de vue animaliste, il est acceptable que les Inuits chassent le phoque car il s'agit d'un besoin nécessaire (se nourrir), mais il n'est pas acceptable de chasser le phoque à grande échelle pour faire des manteaux de fourrure ou des cosmétiques car il s'agit d'un désir contingent (tirer profit du commerce d'objets futiles). La distinction est claire et ne repose pas sur l'origine ethnique des chasseurs mais sur leurs motivations.

Pour la même raison, les animalistes condamnent la chasse sportive précisément parce qu'elle est un loisir. Il s'agit de rappeler qu'ôter la vie à un être vivant sensible n'est justifiable que par la nécessité.

Différence de degré, non de nature

Troisièmement, on affirme que la pensée animaliste «repose sur la croyance que les animaux ont une "âme", une anima en latin, ce qui leur conférerait des droits, curieusement non contrebalancés de responsabilités, comme le veut la définition philosophique ou morale la plus élémentaire». C'est tout simplement faux. D'abord, «la» pensée animaliste n'existe pas. L'éthique animale est un vaste domaine qui réunit des dizaines de courants.

Ensuite, la plupart de ces positions sont tirées non d'une croyance mais au contraire de la science elle-même (biologie, zoologie, éthologie) qui nous enseigne à quel point la différence entre l'homme et l'animal n'est qu'une question de degré et non de nature, comme l'a montré Darwin, et qui nous rappelle que nous partageons 99 % de notre ADN avec le chimpanzé. Cela n'a rien à voir avec une quelconque croyance, et encore moins avec l'âme. D'ailleurs, qu'est-ce que l'âme?

La croyance, au contraire, est dans l'anthropocentrisme qui, contre les preuves scientifiques, persiste à vouloir arracher l'homme de l'animalité pour mieux autoriser l'exploitation de ses frères inférieurs. La croyance est dans ce préjugé, très chrétien d'ailleurs, selon lequel «l'animal a été créé pour être au service de l'homme».

Enfin, de nombreux courants ne revendiquent pas des «droits» pour les animaux mais se contentent d'insister sur nos devoirs envers eux, défendant par exemple une égalité de considération, qui n'appelle aucunement l'égalité de traitement ou l'application des droits de l'homme aux animaux. C'est notamment le cas de l'utilitarisme de Peter Singer.

Par ailleurs, le fait que des droits puissent ne pas être contrebalancés de responsabilités n'a rien de curieux: n'est-ce pas le cas des enfants et des handicapés mentaux humains? La question est alors de savoir au nom de quoi ils sont malgré tout protégés.

Si c'est en vertu de leur appartenance à l'espèce humaine, c'est du spécisme, et les animalistes le rejettent au même titre que le racisme et le sexisme. Et si c'est en vertu de leur capacité à souffrir, alors les animaux qui possèdent également cette capacité doivent aussi être protégés. Dans tous les cas, la question mérite d'être posée avec rigueur et précision.



Jeudi 17 avril 2008

Le fanatisme des animalistes

En réponse à l'article du journal le Devoir de Jean-Robert Sansfaçon "Le fanatisme des animalistes"  06 avril 2008

Les réactions

L'opinion de Valérie Fortin:

La dictature de la pensée spéciste

Aujourd'hui, plus que jamais, j'ai extrêmement honte d'être Québécoise. Lorsque j'entends et lis tous ces journalistes, animateurs, chroniqueurs et autres intervenants qui se sont aujourd'hui donné le mot pour tabasser en choeur un homme et son oeuvre, qui s'amusent à désinformer et à traîner dans la boue tous les animalistes, quand j'entends ou lis tous ces petits commentateurs qui se réclament fièrement du côté des « bien pensants », qui endossent les lois comme si elles étaient toutes nécessairement légitimes, sans se questionner deux secondes sur le bien fondé de certaines d'entre elles, je ressens de la colère et de l'indignation, pour ne pas dire une exaspération profonde.

Nous ne sommes plus capables de vous entendre parler à travers vos chapeaux, de vous entendre médire sur un homme et sur tous les animalistes de la planète sans même savoir de quoi vous parlez. Renseignez-vous donc un peu plutôt que d'ingurgiter la désinformation prémâchée par vos petits chroniqueurs préférés sans pousser plus loin vos questionnements, avant de condamner des gens qui consacrent pourtant leur vie à tenter de sauver des écosystèmes et des animaux, humains ou non !

Des êtres endeuillés par la mort de quatre des leurs, totalement aveuglés par leurs émotions et soutenus par des médias opportunistes et par une population en mal d'épanchement patriotique, sont tristement tombés dans une grave hystérie collective, sans se rendre compte du ridicule de la chose. Il n'y avait pas la moindre matière à scandale dans les propos de Paul Watson, qui a tout simplement dit ce qu'il pensait, sans provocation aucune.

Quand on n'est pas spéciste, on considère que tout animal, humain ou non, a le droit d'exister, on lui reconnaît sa légitimité et sa volonté de survivre, tout simplement, sans hiérarchiser arbitrairement la valeur de sa vie selon son espèce ou selon tout autre considération subjective. Vous voyez de la monstruosité là où il n'y en a pas, vous voyez de la provocation là où il n'y en a pas. Nous n'avons pas la même vision du Monde, cela ne vous donne en aucun cas le droit de nous brûler sur vos bûchers, de raconter n'importe quoi sur nous, de nous imposer votre vérité spéciste. Vous ne pouvez pas nous obliger à glorifier, avec vous, l'idéologie de la suprématie humaine qui détruit tout, pourtant, sur son passage, devant vos yeux grands fermés. Vous n'avez pas à nous obliger à avoir, comme vous, qu'un seul coeur pour aimer les hommes, et à reléguer au statut de meuble, de marchandise ou de « troupeaux à contrôler » toutes les autres espèces animales autres qu'humaine.

Que toutes les personnes qui ont fait, pour les animaux et pour l'environnement, ne serait-ce que le millionième de ce que Paul Watson fait, depuis 30 ans, le disent maintenant ou se taisent à jamais.

Depuis près de 30 ans, M. Watson, co-fondateur de Geenpeace et fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, sillonne les mers et risque sa vie pour faire directement obstacle aux pêcheurs braconniers de tous les pays, aux baleiniers soviétiques et japonais, aux pêcheurs utilisant illégalement les filets dérivant, aux trafiquants d'ailerons de requins, aux massacreurs de dauphins, aux chasseurs de phoques et autres tueurs de cétacés.

Une des campagnes prioritaires de la Sea Shepherd Conservation Society est de s'attaquer au problème global du système de pêche à la palangre pélagique de surface, d'intervenir directement pour en stopper l'usage illégal. Une ligne pélagique de surface est faite habituellement de nylon monofil. Sa longueur peut aller de 1,6 km à 100 km. La ligne est maintenue à flot par des bouées de polystyrène ou de plastique. Environ tous les 300 m, une seconde ligne y est attachée, allant vers le fond sur environ 5 m. Sont fixés à ces lignes des hameçons garnis d'appâts, calamars, poissons, chair fraîche de dauphin. Les appâts des hameçons peuvent être aperçus depuis les airs par les albatros qui plongent dessus, qui y restent accrochés et se noient. D'autres espèces marines aperçoivent les appâts depuis le fond et restent accrochées quand elles essaient de les manger.

La flotte japonaise lâche jusqu'à 100 millions d'hameçons par an rien que pour la pêche au thon bleu dans le Sud. Outre les poissons et mammifères marins, des dizaines de milliers d'oiseaux sont ainsi tués chaque année. Une estimation prudente des albatros tués par les palangres japonaises est de 44 000 par an. Le présent chiffre pourrait bien être doublé, selon les chercheurs, mais le nombre d'albatros tués par les bateaux de pêche d'autres nations n'est pas disponible. On estime que, de douze des quatorze espèces d'albatros recensées, des dizaines de milliers meurent chaque année de cette manière. Au vu du grand nombre d'oiseaux ainsi tués, ce style de pêche peut être considéré comme la plus sérieuse menace pour la survie de ces espèces. 20 000 tortues de l'espèce « caretta caretta » sont capturées chaque année par les palangres des pêcheries espagnoles en Méditerranée. On estime que 4 000 d'entre elles sont rejetées à la mer et meurent avec l'hameçon accroché dans la gorge.

Les palangres sont les grandes coupables de la diminution du nombre de requins dans les océans. Ces lignes d'une longueur de 1 à 100 miles sont appâtées avec du poisson (mais aussi du dauphin ou du phoque tués illégalement) pour attirer l'attention des thons, espadons et requins. Ceux-ci sont pêchés surtout pour leurs ailerons (qui ne représentant que 4 % de leur poids), parfois pour leur cartilage, l'huile de leur foie et leurs dents. Les pêcheurs arrachent leurs ailerons avant de les rejeter encore vivants à la mer. Leur agonie est affreuse : incapables de nager, ils coulent lentement vers le fond, et meurent dévorés vivants par d'autres poissons. Si les palangres ne sont pas abolies, beaucoup d'espèces de requins disparaîtront dans les prochaines décennies.

Des pays comme le Sénégal sollicitent les services de M. Watson pour lutter contre les braconniers qui sévissent chez eux. Aux Îles Galapagos, il oeuvre là aussi à protéger les fragiles écosystèmes marins, les tortues, les requins, les concombres de mer...
Les Japonais contournent les lois internationales de protection des baleines pour les chasser à des fins supposément scientifiques, alors qu'ils les massacrent pour revendre leur viande : Paul Watson les a à l'oeil et tente de leur nuire autant qu'il le peut.
Tout autour du monde, du Canada en passant par la Norvège et jusqu'en Afrique du Sud, les phoques sont massacrés, et Paul Watson le dénonce tout en luttant pour les protéger.

L'homme, qui fut d'abord médecin puis, un peu plus tard, professeur d'écologie à l'Université de Pasadena, est considéré mondialement comme l'un des grands experts de nos océans. Il donne régulièrement des conférences dans les universités, ainsi que de nombreuses conférences de sensibilisation à travers le monde, tout en occupant plusieurs fonctions au sein de différentes associations à vocation environnementale.
SOS Grand Bleu l'a nommé citoyen d'honneur en 1996.
En 2000, le Time Magazine l'a désigné comme l'un des héros écologistes du XXe siècle.
Son éthique personnelle l'a poussé à devenir végétalien strict, et tous les repas servis sur les bateaux de la Sea Shepherd Foundation sont obligatoirement végétaliens.

Jusqu'à aujourd'hui, toutes les tentatives de poursuites judiciaires contre Paul Watson et son association ont échoué, soit parce que les films systématiquement pris par les membres de l'association ont clairement démontré le non fondement des accusations, soit parce que les navires victimes étaient eux-mêmes hors la loi.

Alors, je le répète pour la dernière fois : que toutes les personnes qui ont fait, pour les animaux et pour l'environnement, ne serait-ce que le millionième de ce que Paul Watson fait, depuis 30 ans, le disent maintenant ou se taisent à jamais !!!


L'opinion de David Ruffieux:

Il fallait pleurer les marins disparus

Cette fin de semaine, les Madelinots étaient au recueillement avec les familles et les proches des tueurs de phoques, morts dans un tragique accident de remorquage. La solidarité des communautés des Îles-de-la-Madeleine était visible et l'émotion palpable selon le réseau RDI. D'ailleurs, l'animateur de service ce samedi matin 5 avril allait annoncer une grande nouvelle mais seulement après la pause publicité. Je m'attendais à l'annonce de fin de la chasse aux phoques par le gouvernement canadien. Et bien non, il s'agissait de la retransmission en direct des funérailles des marins disparus.



Le réseau RDI allait chanter l'oraison funèbre sur ses ondes. Selon la raison invoquée par la chaîne de télévision, c'est à la demande des familles des victimes que la retransmission devait se faire. La perte d'un proche, d'un ami est durement ressentie par toute une communauté là-bas, et l'on ne peut que s'attrister de la perte de vies humaines. Cependant je me demandais comment une chaîne de télévision pouvait répondre si prestement aux exigences des familles. En effet, il me semble que cette cérémonie ne méritait pas d'être retransmise sur les ondes et de prendre l'ampleur d'un événement national. Les funérailles de trois marins d'un autre pays, dans des circonstances normales, n'auraient sans doute pas cette résonance médiatique. Mais nous sommes au Canada et en fond de décors, il y a la controverse sur l'industrie de la chasse aux phoques.



Quelques jours auparavant, les parlementaires du Québec se sont livrés à un exercice inhabituel qui consistait à se lever et à faire une minute de silence pour honorer la mémoire de ces chasseurs. Je vois dans ce déballage d'images symboliques un effort extraordinaire pour apitoyer le peuple sur le sort de l'industrie de la chasse aux phoques et sur celui de ses communautés. L'hypocrisie de nos parlementaires aura accompagné la danse des médias d'une hostilité sans égale envers les défenseurs des animaux, surtout après les propos provocateurs tenus par Paul Watson. Que les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon réagissent en sectionnant les amarres du Farley Mowat n'est pas surprenant, car les pêcheurs qui vident les mers et les océans détestent les écologistes radicaux, qu'ils se nomment Watson ou Greenpeace.



Quand on met en perspective la controverse de cette chasse aux phoques, on comprend mieux l'intérêt politique et journalistique porté pour ces tragiques décès. On appelle cela de la récupération, c'est-à-dire quand la commémoration des défunts devient une forme de propagande destinée à manipuler l'opinion publique. Nos parlementaires feraient-ils une minute de silence pour des policiers ou des pompiers morts dans l'exercice de leur fonction? Est-ce que RDI couvrirait leurs funérailles, comme il le fait pour des tueurs de phoques?



La vraie grande nouvelle c'est que la chasse aux phoques va ressentir durement le boycott de la Communauté européenne qui se prépare. Cela devrait donner le coup de grâce à cette industrie, brutale et écoeurante. La manipulation de médias serviles nous rappelle à quel point notre démocratie est malade du contrôle qu'exercent certaines industries sur l'information. Ainsi, elles monopolisent le temps d'écoute en excluant toute forme de discussion et de raisonnement et en créant de la diversion.

Donc, il fallait pleurer et suivre le cortège des funérailles sur RDI. Outre le respect qu'on doit aux familles, on pouvait aussi pleurer de voir tant de démagogie.

David Ruffieux,
cahr@videotron.ca


L'opinion de Marjolaine Jolicoeur:

Fanatisme des éditorialistes

Et si c'était Brigitte Bardot qui s'était noyée en sauvant un phoque, est-ce qu'il n'y aurait pas eu quelques fanatiques chasseurs pour émettre des commentaires douteux sur sa mort? Est-ce qu'on se souvient de tous les propos sexistes, racistes et violents que les chasseurs (et certains journalistes) ont eu à propos de madame Bardot?

On ne devrait pas avoir de la compassion seulement pour les humains. La mort des madelinots est une tragédie certes, mais la mort de milliers d'animaux est aussi d'une infinie tristesse. Des animaux qui meurent dans la violence et le mépris sur les banquises ensanglantées, mais qui laissent aussi leur dernier souffle dans l'horreur de l'abattoir. Des animaux sacrifiés sur l'autel de l'argent et du profit.

La planète est présentement vendue au plus offrant,guère étonnant qu'il y ait tant de colère autour des massacres, des holocaustes et de l'exploitation des plus vulnérables.
N'y-a-t'il pas de travail plus honorable et plus éthique que de massacrer des animaux pour alimenter l'industrie de la fourrure qui n'a, par le passé, jamais démontré aucun respect autant envers les animaux que les humains? On évoque la survie des poissons pour justifier l'injustifiable; des rapports scientifiques prédisent qu'il n'y aura plus de poissons comestibles d'ici 2045, encore la faute des phoques? Et si c'était plutôt la pêche et les pêcheurs qui déciment les océans?

Dans les medias, certains chasseurs ont déclaré qu'ils allaient à la chasse parce "qu'ils avaient ça dans le sang, dans les tripes, que leurs grands-pères chassaient et qu'ils devenaient excités à l'approche de la chasse". D'archaiques traditions n'excusent pas les comportements déviants. Mon grand-père Arsenault ne savait ni lire ni écrire, mais ce n'est pas une raison pour que ses descendants demeurent analphabètes. De plus,j'ose croire qu'à notre époque jouir de la vue du sang apparait de plus en plus comme moralement innaceptable.

Personnellement, j'ai été particulièrement frappée par l'hypocrisie de cette cérémonie catholique diffusée sur le réseau gouvernemental où l'on voyait quelqu'un déposer une peau de phoque sur l'un des tombeaux. Je n'ai jamais vu aucune iconographie montrant Jésus frappant un animal avec un gourdin ou tuer avec une arme. St-Francois d'Assise et nombre d'autres saints et saintes catholiques sont toujours représentés en protecteur des animaux. Même St-Hubert,le patron des chasseurs, a abandonné son activité meurtrière après avoir reçu l'illumination d'un animal qu'il poursuivait! Les véritables chrétiens dignes de ce nom ne devraient pas vivre en conflit avec les leçons de non-violence et de paix du Christ. Mais comment faire comprendre la compassion à ceux "dont les mains sont tachées de sang et la bouche souillée de viande"? ("L'évangile des douze",texte apocryphe attribué à l'apôtre St-Jean)

Le véritable fanatisme provient de ceux qui exploitent, torturent, massacrent les animaux au nom d'une soi-disante supériorité. Une supériorité qui n'a guère apporté sur notre planète en dérive beaucoup de justice et de paix. Nous sommes tous interdépendants et reliés. Toute souffrance est une tragédie, qu'elle soit humaine ou animale.


L'opinion de Patricia Tulasne, comédienne et végétarienne.

Monsieur Sansfaçon

Vous écrivez dans votre éditorial du 5 avril à propos de l'hypocrisie des
animalistes quand il s'agit de chasse commerciale du phoque. Pourquoi ne
parlez-vous de l'hypocrisie de nos gouvernements, qui continuent malgré une opinion internationale critique, de mettre le déclin des stocks de morue sur le dos des phoques plutôt que d'admettre que les véritable responsables de la destruction de toutes les ressources halieutiques, ce sont leurs politiques de surpêche?

Pourquoi faites-vous vous-même preuve d'hypocrisie en voulant faire croire à vos lecteurs que les méthodes d'abattage des phoques ne sont pas cruelles, alors qu'ils sont dépecés vivants, non plus que celles des abattoirs, alors que l'horreur y est telle qu'on n'a même pas le droit de filmer ce qui s'y passe? Et n'est-ce pas de l'hypocrisie que de vouloir nous faire croire que la chasse aux bébés phoques est interdite, alors que l'on tue sur la banquise des phoques de 2 à 3 semaines, âge où la fourrure des blanchons devient grise?

Vous nous parlez du fanatisme des défenseurs des animaux, mais qu'en est-il de celui des chasseurs, dont le très puissant lobby vient de réussir à faire adopter la loi S.203 proposée par le Sénateur Bryden,cette loi sur la protection animale qui ne fait qu'appuyer les archaïsmes d'une loi qui date de 1892, et qui permet à toutes fins pratiques aux abuseurs d'animaux d'échapper à toute sanction? Mais voilà, les chasseurs, ces amants de la nature comme ils ont l'outrecuidance de se nommer, avaient bien trop peur qu'on leur restreigne leur droit de tirer sur tout ce qui bouge....Malheur à celui qui ose se promener dans les bois en période de chasse au Québec! Un de mes amis l'a appris à ses dépens, quand il a vu mourir son chien sous ses yeux, abattu par un de ces enragés de la gâchette.

Monsieur Sansfaçon, il est clair que vous n'aimez pas les animaux. Moi je
n'ai pas honte de dire que je les aime, et je préfère le fanatisme désarmé des défenseurs des animaux que celui de ceux qui les persécutent, au nom du profit ou du simple plaisir.




Jeudi 17 avril 2008

Questions d'image - Noir et blanc sur fond rouge

En réponse à l'article "Questions d'image - Noir et blanc sur fond rouge" de Jean-Jacques Stréliski, du Devoir 14 avril 2008

Les réactions

L'opinion de Marjolaine Jolicoeur:

Le courageux capitaine Watson est végétalien. Sur son bâteau tous les repas sont végétaliens et la très grande majorité des défenseurs des animaux militent aussi contre l'horreur de l'abattoir en ne mangeant pas de chair animale.

«Etre végétarien de nos jours, c'est vivre en désaccord avec le cours des choses. La privation, la faim dans le monde, la cruauté, le gaspillage, les guerres. Il faut se prononcer contre tout cela. Le végétarisme est ma façon de me prononcer. Et c'en est une puissante» - Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature.

Depuis des décennies, les «extrémistes végétaliens» affirment que la consommation de viande engendre un gaspillage phénoménale de céréales et d'eau potable. Avec pour conséquence famines, instabilité politique et déplacements des populations humaines. (Lire «Se nourrir sans faire souffrir», John Robbins, publié en l989).

Malheureusement cette prédiction se réalise présentement autant en Haiti, en Inde qu'en Egypte; les émeutes de la faim vont peser lourd sur la conscience des carnivores.(A l'échelle mondiale, 90% des cultures de soya vont aux animaux - World Watch Institute (WWI);si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement,elles pourraient nourrir 800 millions d'humains -David Pimentel, professeur d'écologie Cornell Institute; il faut 7 kilogrammes de céréales pour produire l kilogramme de boeuf - WWI.)

Pour ce qui est de la chasse aux phoques, cette activité meurtrière alimente l'industrie de la fourrure. Et porter du cadavre animal, à notre époque, est la preuve d'un manque d'éthique flagrant envers la souffrance des animaux.

Si tous les humains dignes de ce nom ressentaient le «syndrome de Bambi», il y aurait bien plus de sensibilité, d'empathie et de compassion sur notre planète dévastée, autant envers les animaux que les humains.


L'opinion de David Riffieux:

Je me rappelle mon oncle Bob. Bob, mon oncle était sympathique du temps où il était chauffeur-livreur. La journée était bien rythmée au nombre des colis qu'il fallait livrer ça et là, à travers la ville. J'étais enfant et j'allais souvent avec lui pendant ses tournées. On rigolait bien. Maintenant, depuis qu'il travaille comme responsable des ventes dans une grosse compagnie d'assurance, Bob, mon oncle est beaucoup moins sympathique, c'est le stress peut-être. Je me souviens d'une discussion avec lui sur les animaux, qui m'avait quelque peu déçue de Bob, alors pour moi l'oncle chauffeur-livreur le plus sympa au monde. C'est tristement à cette époque que je dû comprendre que mon oncle n'aimait pas les animaux, du moins pas comme moi je les aimais. « Ne t'inquiète pas pour les animaux, il y a des choses plus graves dans ce monde ! » scandait-il au volant de sa fourgonnette verte.

Je me rappelais les phoques que Brigitte allait voir sur la banquise, ils étaient si beaux, si blancs et si adorables avec leurs gros yeux noirs. J'aurais tellement voulu être avec Brigitte et lui dire que moi du haut de mes 9 ans, comme elle, j'aimais les animaux. Mais à 9 ans, vos parents ne vous laissent jamais faire ce genre de choses. À la télévision, l'on montrait ces baleines qu'on harponnait avec des machines de guerre alors que le sang des ces bêtes recouvrait la mer. Je ne comprenais pas ce que j'avais vu, et cette nuit-là, je pleurai jusqu'à l'épuisement toutes les larmes de mes yeux, sous le regard de mon père anxieux d'avoir mis au monde un enfant si sensible. Les contes de Walt Disney que j'adorais tant n'étaient que des mensonges. Les hommes étaient des salauds. Ils tuaient des phoques et des baleines, les animaux les plus inoffensifs et les plus pacifiques de la Terre. Et en plus, ces hommes sont des lâches.

Avec le temps, je comprends mieux l'opinion de mon oncle au sujet des animaux. Mon oncle fait partie de ces gens sympathiques qui néanmoins n'ont ni le courage d'aimer ni la force de défendre ceux qui souffrent. Il est de ces gens qui veulent être aimés et populaires et pour cela ils doivent donc accepter avec le sourire des faibles les pires des choses de ce monde. Il est de ces gens qui prendront les chemins les plus longs pour faire ce qui est juste, pour ne point s'exposer au jugement des autres qu'ils redoutent tant. Il est de ces gens qui ricanent quand d'autres bravent la bêtise collective. Mais ce qui caractérise si bien mon oncle Bob, c'est la jalousie de voir chez les autres des qualités surhumaines et magnifiques, qu'il sait ne pas être capable d'avoir lui-même et qu'il condamne impitoyablement et avec beaucoup de mesquinerie, chez les autres.

Ma fille qui a 5 mois grandira avec le bonheur de voir les merveilleux films de Walt Disney, mais dès qu'elle aura passé l'âge de l'innocence, je lui montrerai les hommes tels qu'ils sont, avec le beau et le sublime, avec l'ignoble et l'épouvantable. Et je lui dirai, regarde ce que font les hommes, regarde bien. Je reste optimiste qu'elle aura le courage de choisir entre le blanc et le noir.




Jeudi 17 avril 2008

Phoque le Canada

Auteur: Pierrot Lapin

Je me demande à quoi ça doit penser un phoque qui regarde le reste de ses amis comme ça. Surement un peu la toune "Le phoque en Alaska" mais en plus pire encore.

J'ai toujours eu honte d'être canadien. Mais encore plus depuis jeudi soir. Hier j'aurais eu le goût de calicer ma télévision par la fenêtre en regardant le bulletin de nouvelles de Radio-Canada. En général un bon journaliste doit regarder les 2 côtés d'une médaille sans prendre partie sinon ça devient pas du journaliste mais un éditorial d'opinion. Mais hier un reportage sur l'organisation Sea Shepherd et Paul Watson puait la propagande anti-écologiste. Ça paraissait tellement que Radio-Canada backait le gouvernement Harper. On aurait dit un bulletin de nouvelles fait par M. Burns le célèbre crosseur dans les Simpsons dont on connait l'amour pour l'environnement.

D'abord Bernard Derome commence à parler de Sea Shepherd comme d'une "organisation controversée" alors qu'il a pas mentionné une minute que la chasse aux phoques est une activité plus que controversée vu de l'extérieur du Canada. Dans certains pays nous ne valons pas plus que les japonais qui chassent encore la baleine en 2008.

Cette boucherie faite juste dans le but de donner du travail à des B.S. des îles-de-la-Madeleine pour qu'ils votent du bord du gouvernement. On accuse les phoques de vider les océans des poissons. C'est sûr que les flottes de pêche ont rien à voir la-dedans. Ni la pollution et le réchauffement planétaire. C'est de la faute des phoques et de Sea Shepherd. Gros plan de la caméra sur le logo "pirate" sur le Sea Shepherd. S'il y a un logo pirate ça doit être des crosseurs les écologistes.

Si les phoques bouffaient autant de poissons que les pêcheurs le disent, il en aurait pas resté quant Cabot met son sceau dans l'eau et le rempli à rebord de poissons dans les bulles de propagande de la Minute du Patrimoine. Les bancs de Terre-Neuve ont disparu depuis que l'Homme y pratique une surpêche. Le Capitaine Highliner couché sur sa montagne d'argent en train de se crosser. C'est ça l'image du lobby des pêcheurs qui me vient en tête. Les phoques existent depuis des milliers d'années. Leur population se stabilise selon les lois naturelles de l'écologie, prédation, famine, banquise, accident, etc... La Nature régule ses populations animales d'elle-même sans qu'on ait besoin d'intervenir. Par contre la population de l'Homme ne suit aucune loi de l'écologie. On est 6 milliards passé. Tasse toué Mère Nature on arrive. Nous on est pas l'espèce trop nombreuse c'est vous autres qui êtes de trop.

Sur Radio-Canada, on a dit que Paul Watson est un genre de sans-coeur parce qu'il place les animaux sur la même échelle que les humains. Paul Watson a pas dit qu'il détestait les humains mais qu'il mettait toutes les espèces animales sur un pied d'égalité par rapport à leur droit d'exister et de vivre en paix. Je partage à 100% l'avis de monsieur Paul Watson. Je ne pleurerai pas la mort de chasseurs de phoques ou de baleiniers. Nous avons tous été élévé dans une mentalité religieuse qui nous a lavé le cerveau. On nous a enseigné que l'Homme est presque une créature divine. Que sa vie est sacrée par rapport à celle d'un animal.
 
Que nous seul possedons une âme. Que Dieu nous dit quoi penser. Un gros concept qui fait que des fous se tirent sur des buildings dans des 727. Que tout ce qui vit sur Terre c'est des formes de vie à notre service. Petit à petit on a pris pour acquis que l'humain avait une "valeur ajoutée" par rapport à un animal. On a aussi enlevé de l'Homme l'étiquette "animal". Pourtant nous venons de la Nature. On a des poils sur la raie pour se rappeler que nous sommes des mammifères. Mais on s'est donné une image d'espèce supérieure pour se flatter notre égo...
 
Radio-Canada est une entreprise de communication qui représente l'opinion du gouvernement, c'est un organisme très politisé. Surtout ces temps-ci. Il suffit de voir les reportages sur la mission des troupes canadiennes en Afghanistan. On donne des Joe Louis aux soldats. Tout va bien la reconstruction avance et les Afghans nous aiment...

Radio-Canada est pro-chasse aux phoques. D'aileurs elle a montré aucune image de la chasse pour ne pas donner d'arguments à Sea Shepherd. La garde-côtière a même épéronné le navire de Sea Shepherd pour l'empêcher de filmer des images de la chasse. Vive la liberté de presse.
 
Ensuite dans le reportage on nous a montré un chasseur de phoque transformé en héros dire que Paul Watson le capitaine du Sea Shepherd était un genre de trou-de-cul. Pour finir le torpillage en règle de Sea Shepherd on a fait parlé un gars en complet bien au chaud dans son bureau avec un look de gars qui travaille dans une maison de faiseurs d'images. Le genre de couillon en costard dit que Sea Shepherd fait du business et que cette organisation vise juste à avoir des donations. Sea Shepherd reçoit pas de subventions du gouvernement pour faire son travail. Elle doit donc payer le gaz du bateau. Les pièces du bateau, le matériel, la bouffe de l'équipage, etc... Mais la cause de Sea Shepherd est juste j'ai aucun doute là-dessus.
Revenons à la "tragédie" de nos "héros" chasseurs de phoque. Ce que Radio-Canadaa a oublié de mentionner c'est que les navires en bois des chasseurs ne sont pas conçu pour la pêche sur les glaces. C'est des embarcations dangereuses. Mais le gouvenement du Canada avait tellement hâte d'envoyer ses ti-counes sur les glaces qu'on s'est crissé de l'aspect sécurité. Monsieur Watson, un ancien membre de la garde-côtière en passant, a fait remarquer que le brise-glace aurait du prendre à son bord l'équipage du navire qui a coulé. Encore là, la garde-côtière a même pas respecté une procédure de sécurité normale. *
Je ne prendrai jamais comme héros un gars qui arrache la peau à un animal encore vivant. Je ne pleurerai pas sa mort dans les glaces non plus. Je déteste quant un média me dit que là je suis supposé être en deuil de ces marins-là et que je dois détester l'organisation Sea Shepherd. Les chasseurs de phoques, c'est des crosseurs qui tueraient leurs grand-mères si la chair des grand-mères rapportait de l'argent à la livre.
Monsieur Watson, un cofondateur de Greenpeace, a quitté cette organisation parce qu'il trouvait que cette organisation était devenu trop bureaucratique. Dernièrement Greenpeace a fait un reportage sur la chasse à la baleine au Japon. Dans le film on voit un membre de Greenpeace qui visite une grand-mère japonaise et mange de la chair de baleine pour goûter en disant: "c'est bon" à la caméra. Comme monsieur Watson l'a dit, Greenpeace fera pas avancer la cause des baleines en mangeant des burger aux baleines chez des grand-mères japonaises. Sea Shepherd a choisi de confronter les baleiniers et autres sadiques sur leur terrain et de nuire à leur travail. Je leur tire mon chapeau.
En pensant à tout cela, je me suis rendu compte d'un fait écoeurant qui me donne envie de me crisser dans une souffleuse. Malgré le fait qu'on se pense ben fin comme espèce. Qu'on se donne des prix Nobel entre nous autres, qu'on aime montrer l'intelligence de l'Homme dans les documentaires, moi j'ai une vision neutre par rapport à notre espèce. Des fois je me dis que je viens pas de cette planète. Je regarde froidement ce que nous sommes. Nous sommes une des rares espèces animales qui nous tuons entre nous. Nous avons même développé un industrie créé juste pour ça: l'industrie militaire. Nous dépensons des milliards annuellement pour nos armées. Nous ne nous aimons pas entre nous, encore moins avec la Nature. Nous méritons de disparaître comme espèce et de toute façon je crois que lentement mais surement l'autodestruction de notre monde est sur la bonne voie. Pendant ce temps on dépense des milliards pour la Navette Spatiale pour éventuellement trouver de la vie dans le cosmos... Je plains fortement la première forme de vie extérieure à la Terre qui va faire notre rencontre. Ils profiteront surement pas d'un contact avec notre espèce.
La notion de propriété de la terre et des animaux chez l'Homme me révolte. On considère les animaux comme une ressource exploitable. Un peu comme les martiens dans La Guerre des Mondes, qui nous exterminent sans se poser de question. Nous sommes sans doute la seule espèce vivante qui a décidé que des bouts de la terre lui appartenait "de droit". On a inventé le droit divin. Genre "Dieu m'a donné la terre et toutes les choses dessus". Voir le conflit entre les Juifs et les Palestiniens qui est représentatif de cet état de choses.
 
Demandez-vous pas pourquoi j'ai un gros mépris des gens qui me parle de Dieu. On verra jamais un lion dire "la savane m'appartient". Le lion vit sur un territoire de la savane mais il est problablement conscient qu'il appartient à un cycle. Il appartient à la savane et non le contraire. Son but n'est surtout pas de faire du profit sur les gazelles. Les anciens autochtones (à ne pas mélanger avec certains autochtones d'aujourd'hui qui vendent des cigarettes ou ouvrent des casinos) n'ont jamais compris l'obsession de la propriété des Européens et notre cupidité. Ce que les autochtones disaient souvent, c'est que la terre ne leur appartenait pas mais qu'eux ils appartenaient à la terre. Ils savaient qu'ils faisaient partie d'un cycle qu'ils n'étaient pas un animal vraiment supérieur aux autres espèces, mais une espèce parmi tant d'autre.
Dans un ancien reportage à Radio-Canada, on s'était empressé de parler de "l'attaque" du Sea Shepherd sur un baleinier japonais avec de l'acide butyrique. Wow! c'est vendeur dans la presse le mot "acide", on imagine déjà la main des baleiniers japonais qui se dissous avec le squelette qui boucane. Pourtant l'acide en question c'est de l'acide butyrique. Tout ce que ça fait, ça rend le pont d'un navire glissant et puant. De l'acide butyrique c'est un peu du beurre rance. Pourtant quelques jours après le capitaine du Sea Shepherd a reçu une balle de fusil dans la poitrine et on en a même pas parlé... Il a eu de la chance de porter un gilet pare-balles.
Il m'est venu pendant environ 0,000006 secondes l'idée d'organiser une manifestation pour sensibiliser les gens à la question de la chasse au phoque ou à la baleine. Mais considérant que la dernière mobilisation majeure à Québec était pour sauver les fesses de Jeff Fillion et de Radio-X, j'ai décidé de laisser faire. Sans doute qu'une manifestation pour le petit Jérémy attirerait une foule à perte de vue. On l'aime notre espèce dégénéré. Je pense que je vais plutôt aller acheter la revue "Summum" de Genex-Radio-X et aller me crosser dans mon coin en regardant le calendrier du Dream Team.

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